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Rapports entre thèmes des textes et humanités numériques

Rapprochements des principales thématiques avec les préoccupations des humanités numériques

Nous n’aborderons peut-être pas frontalement la question de savoir si ces auteurs sont des héraults de l’humanisme numérique. Mais nous essaierons de voir s’il est possible d’effectuer des rapprochements entre les thèmes qu’ils abordent dans les textes à l’étude et certaines des préoccupations centrales des humanités numériques, qu’on appelle en anglais « Digital Humanities », ce qui montre qu’elles se rapprochent davantage de la philosophie que de l’anthropologie, mais en faisant preuve d’une grande ouverture, notamment par les pratiques interdisciplinaire et qui intègrent les outils informatiques dans leurs démarches.

Quelques pistes de rapprochement possibles se présentent rapidement lorsqu’on s’est imprégné de ces textes et des recherches dans ce nouveau domaine, qui commence à acquérir une certaine reconnaissance et qui croît même rapidement en popularité.

Premièrement, la relation entre la fascination pour le voyage (et la vitessse) et les enjeux de traçabilité, d’identification, de reconnaissabilité (et le bouleversement de la notion d’identité qui y est associé). [Voyage et vitesse – traçabilité, reconnaissabilité]

Deuxièmement, justement, le rapport constant de l’écriture numérique de nos auteurs à l’interrogation sur l’identité, comme nous le constatons avec la place importante que prennent, d’un côté, l’autobiographie, et de l’autre, la fantaisie, la libre expression de l’imagination… cette quête sens débridée, pourrait-on dire, eh bien elle fait écho, nous semble-t-il, à la réflexion éthique sur l’authenticité et sur le rapport des êtres humains à la vérité, alors que ces notions sont en train de changer vue la facilité de se forger un avatar selon notre goût… [Autobiographie et fantaisie – Authenticité, vérité et leur mutation]

Troisièmement, on a vu que les auteurs écrivent souvent en exil, mais la plupart du temps en ville (ou entre deux villes), de sorte que leur récit colle au plus près de l’asphalte des cités, et essaie de restituer quelque chose de l’odeur du quotidien qui s’incruste dans le bitume des « villes nombre », comme Mahigan aime à nommer les mégapoles d’Asie. Or cette espèce de fidélité aux faits de la vie courante à l’heure de la densification des lieux d’existence semble s’accorder avec les études dans le domaine des DH qui conçoivent l’avenir de la vie urbaine sur la base de la collecte de toutes sortes de données tirées des échanges qui se déroulent dans ces espaces fourmillant d’activité, et cette curiosité pour les informations les plus « brutes », pour dépeindre une civilisation cosmopolite, fait donc se toucher l’aspiration à tirer de ces recherches un portrait des moeurs qui soit universel, et en même temps des statistiques et des connaissances concrètes utiles pour les utiliser dans les applications que développent les jeunes ingénieurs et développeurs de ce monde branché et bobo (bourgeois bohème). [Urbanité et quotidienneté – cosmopolitisme et concrétude]

Qui est-on dans ce réseau de relations.

Un individu connecté au web à Montréal, grâce au réseau Wifi d’un café. Photo de Yann Doublet pour un article sur la ville intelligente paru dans Le Devoir, le 19 juin 2014.

Une quatrième manière dont se manifeste ce possible rapprochement entre l’écriture des auteurs de la collection « Décentrements » de Publie.net et les travaux de recherche que mènent les professeurs d’université dans le domaine des Humanités numériques, c’est le caractère construit de la forme (le jeu avec les conventions) qui correspond aux études sur l’inscription médiatique (et l’éditorialisation) qui ne peuvent laisser le sens des messages inaltérés ainsi que les problématiques entourant les avantages et les inconvénients des normes (qui peuvent entraîner une uniformisation, mais qui favorisent l’interopérabilité). [Caractère construit de la forme (jeu avec les conventions) – inscription médiatique (éditorialisation) et normes (formalisation)]

Un dernier aspect concomitant entre la démarche littéraire de nos auteurs et les inquiétudes des chercheurs est certainement à trouver dans la portée féministe des propos qu’ils tiennent en rapport avec les analyses (ou les interprétations, dans le cas des écrivains) qu’ils (ou elles, ce sont quatre femmes sur cinq) effectuent. Plus largement les Humanités numériques s’intéressent aux questions de l’égalité, du métissage et au mélange des genres et des références (en littérature, en particulier), et nos auteurs se penchent sur une diversité de causes qui leur tiennent à coeur (à commencer par la littérature, bien entendu). [Féminité, féminisme, intertextualité littéraire – Égalité, métissage et mélange des genres et des références]

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