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4.3.1 Voyage et vitesse – traçabilité, reconnaissabilité

Tout d’abord, il nous semble opportun, en partant de Vers l’Ouest, de proposer un parallèle entre la thèse selon laquelle le numérique entraîne une accélération excessive de toutes les rencontres, qui deviennent presque furtives à force de ne se tenir que dans l’instant et la préoccupation que provoque chez les représentants des humanités numériques, la difficulté de trouver un équilibre entre le droit à la vie privée (et à la protection de leurs renseignements personnels) des citoyens (qui ne devraient pas constamment être sous surveillance), et la nécessité de rendre disponible de nombreuses informations pour que l’on puisse collectivement tirer tous les bénéfices des technologies numériques. L’un des buts poursuivis est que l’information circule plus librement et que l’on puisse aussi s’ouvrir au reste du monde en toute confiance (en sachant que nos besoins seront satisfaits). Les détracteurs de cette vitesse trop rapide des échanges préconisent qu’on assure une relation plus durable entre les acteurs du web et leur identité réelle en maintenant la reconnaissabilité des personnes qui ont dit telle phrase, par exemple. Cela implique la mise en place des outils assurant une traçabilité de chaque individu pour pouvoir attribuer les paroles à untel et qu’il n’y ait plus ce sentiment d’impunité découlant de la fausse croyance que les propos échangés sur la toile s’effacent au fur et à mesure. On doit continuer de se sentir imputable des propos qu’on prononce, même oralement. Sinon, comment reconnaîtront le mérite aux auteurs de belles et bonnes paroles? Il en va de même pour les droits d’auteur. Comment savoir qui est l’auteur d’un ouvrage magnifique, si cette personne refuse de dévoiler son identité? Un Réjean Ducharme est-il possible à l’heure du numérique? Il est permis d’en douter.

2.2.5 Vers un nouveau rapport à l’identité

a) Identités numériques et droit à l’oubli

Nous sommes qui nous voulons bien laisser derrière nous (ou non)

Une question de pouvoir sur les traces analysée par Louise Merzeau

b) La fiction de la transparence, un affront à la remédiation

Nous croyons que nous pouvons nous définir comme un oignon (mais non)

Toutes nos théories nous remettent systématiquement en boites (blocs, balises, etc.).

c) À la conjoncture médiatrice de l’espace et du temps

Entre intermédialités et méta-ontologie, quelle résidu de lieu pour la définition classique de l’identité (comme conjonction d’espace et de temps, justement)?

Peut-être à travers la notion d’espacement, évoquée par Louise Merzeau, et qui renvoie au caractère spatial du langage comme le note Novarina dans une entrevue accordée à son éditeur (cf. Trahan). Finalement, la grammatisation doit être une réappropriation du code par le corps pour donner à l’individu (toujours singulier mais pouvant être un collectif aussi bien qu’une personne seule) un opportunité de se déprolétariser en retrouvant le rapport au travail comme savoir, par-delà la dépossession qu’implique l’emploi salarié, lequel devrait tendre à disparaître sous la pression de l’automatisation qui devrait exploser dans les prochaines années. Voir évidemment les propos à l’oral et à l’écrit de B. Stiegler sur ces questions.