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3.3 De la finitude et de l’inachèvement (recontextualisation et ouverture)

Et les difficultés, il faut s’attendre à ce qu’il y en ait. Particulièrement puisqu’on reconnaît que l’être humain est limité dans ses moyens et que cela va mal avec la conséquence de cet état de fait, soit le fait que ses oeuvres ont de fortes chances de demeurer inachevées.

3.3.1 De l’analytique du Dasein à la théorie critique de la technique (facticité de l’existence de l’étant et finitude du Dasein)

Nous avons mentionné Bernard Stiegler. Il faut savoir que son essai Le temps et la technique, paru en 2011, visait aussi à engager le dialogue avec les thèse de Heidegger sur la technique. On se rappellera que celui-ci voyait dans l’Étant, le Dasein, une modalité de l’Être qui avait trait à la situation de l’homme jeté dans le monde. Être de projet, il utilise les outils qui sont à sa disposition sans se rendre compte de leur fonctionnement, jusqu’à ce qu’ils se brisent ou présentent des problèmes qui les rendent difficile le fait de fonctionner. réalisation en cours.

3.3.2 Le faillibilisme implique la finitude qui implique l’inachèvement

Cette réalisation de notre impuissance amène à la prise de conscience de notre facticité et ce en rapport avec notre finitude essentielle. Mais cela a aussi trait au faillibilisme. Puisque nous sommes limités dans nos capacités, et que nos oeuvres sont forcément inachevées dans une certaine mesure, ne doit pas cesser de croire que nous pouvons prévoir et empêcher tous les problèmes qui risquent de surgir lors d’une entreprise quelconque

3.3.3 Pourtant cela signifie une disjonction entre les êtres humains et leurs créations

Pourtant cela signifie une disjonction entre les êtres humains et leurs créations. Donc, tout comme nos oeuvres sont inachevées, nous sommes imparfaits. Mais nos oeuvres ne sont pas une émanation directe de nous mêmes. Elles pourraient donc nous survivre et nous prolonger. Mais elles ne pourraient jamais se résumer à nous ou nous contenir tout entiers. Ce sont de beaux paradoxes. Et il me semble qu’ils éclatent au grand jour avec le numérique.

3.3.4 D’où la nécessité d’une recontextualisation qui requiert la co-construction d’une intersubjectivité

D’où la nécessité d’une recontextualisation qui requiert la co-construction d’une intersubjectivité. En effet, c’est là, il me semble, le point essentiel. Puisque nous savons que toute réussite sera relative, que tout témoignage sera partial et partiel, qu’aucune preuve ne sera absolument convaincante, mais que nous avons besoin de nous baser sur des résultats menés suivant des analyses les plus objectives possibles et de donner crédit aux personnes qui participent à la construction de la société de demain le crédit qu’ils méritent en écoutant ce qu’ils ont à dire et en particulier ce qui ressort des échanges qu’ils peuvent avoir avec leurs pairs, on peut imaginer qu’il y aura des probabilités non négligeables d’atteindre des objectifs partagés car une intersubjectivité pourra être élaborée.

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