Introduction (plan provisoire)

Plan projeté pour l’introduction (pistes qui évolueront forcément).
Pour lire une présentation plus formelle de mon projet de recherche, lisez le sujet déposé.

I.1 Contexte

I.1.1 Sujet amené

Controversé, le numérique a des partisans et des détracteurs…

I.1.2 Corpus

Collection « Décentrements » de Publie.net

I.1.3 Sujet posé

Le but est de montrer comment cet échantillon intègre les caractéristiques principales de la culture numérique.

Voir le « Sujet déposé » (Brève présentation du corpus et Hypothèses de travail).

On y expose les constats, la question, l’hypothèse, la méthode, le cadre théorique…

Bref, c’est la problématique.

I.2 Questions que nous nous poserons effectivement

I.2.1 Qu’est-ce que lire à l’époque du numérique?

I.2.2 Comment la littérature est-elle affectée par ces transformations?

I.2.3 Existe-t-il une « littérature numérique » québécoise?

La question de l’existence de la littérature numérique québécoise peut paraître vitale ou creuse selon l’angle selon lequel on l’aborde. D’un côté, s’il est vrai que la culture dépend en grande partie de la littérature (d’autant plus que l’on est prêt à ouvrir la littérature à divers types d’expression artistique intermédiaux), et s’il est vrai que les nations n’ont de sens que si leur culture est bien vivante, il semble essentiel de nous demander si la culture québécoise continue d’exister en cette ère de transition vers le numérique ou si elle disparaît en ne prenant tout simplement pas le virage qui s’impose. D’un autre côté ce n’est qu’une question d’adaptation à un contexte où l’enjeu est d’abord la survie de l’humanité au sens où nous l’entendons. La peuple québécois n’existe pas comme pays, mais il pourrait jouer un rôle actif dans la migration de l’humanité vers le numéricité, et il n’y a pas de raison de craindre que ses artistes (y compris ses écrivains), s’en privent. Peut-être la question n’est-elle pas tant de savoir s’il existe une littérature numérique québécoise mais de se demander comment celle-ci s’inscrit-elle dans le paysage médiatique numérique?

I.2.4 Et, si oui, comment le rapport à la « culture numérique » s’y exprime-t-il?

Ce sera un des intérêts de notre recherche de permettre de décrire quelle est l’allure générale du rapport que les auteurs québécois semblent établir avec ce mouvement d’embarquement des manières de créer dans la production impliquant les NTICs. Les auteurs semblent-ils se jeter dans l’aventure avec enthousiasme et exalter les facettes les plus visibles du numérique ? Préfèrent-ils interroger leur conscience en même temps qu’ils trempent frileusement le pied dans ce nouvel océan de possibilités? Les deux tendances se mêlent-elles dans leur coeur, d’après ce que leurs actions (leurs choix éditoriaux) nous révèlent de leurs sentiments?

On aura à trancher entre une auscultation des textes uniquement ou la confrontation de cette approche avec des entrevues visant à vérifier nos impressions avec les auteurs. C’est à voir !

I.3 Problématique

Mais pourquoi nous donnons-nous cette peine? À quoi bon essayer d’examiner dans ces textes homothétiques, qui pourraient tout aussi bien exister sur support papier, et qui n’ont rien de révolutionnaire, ce qui en eux semble relever de la culture numérique qui est encore embryonnaire, et dans laquelle nous sommes tellement « pris » qu’il est difficile de s’en faire un juste « portrait ». Pour clarifier nos motivations rappelons quels sont les enjeux ce notre enquête.

I.3.1 Enjeux

D’abord, réitérons qu’il n’en va pas seulement de la culture québécoise, mais ce que c’est l’avenir de l’humanité elle-même qui est en jeu.

a) Avenir de la culture

Comme nous le verrons, une de principales réalisations que la recherche d’un sens à la culture numérique nous amène à effectuer est que ce ne serait pas la stabilité qui serait la donnée première de la réalité, mais le changement. Donc, s’il y a une chose dont nous sommes sûrs, c’est que l’avenir a un bel avenir devant lui… Mais pour nous humains, cette perspective du panta rei mise au jour par Héraclite, est que cela ne fait pas sens de parler de l’humanité en soi ou de l’humanité elle-même. Il faut abandonner ces formulations qui trahissent notre propension invétérée à l’essentialisation de notre « être ». La donnée première serait le « devenir ». Mais, de-là à prendre pour acquis que le changement serait synonyme de progrès il y a une marge… Donc, la question est de savoir si nous sommes en mesure, du sein même des mutations en cours, de prendre assez de recul pour percevoir comme une silhouette de l’avenir qui nous attend. En effet, ce serait comme si nous pouvions imaginer la plante en scrutant la graine au microscope. Comme ce phénomène est inédit, nous ne disposons pas d’un modèle auquel rapporter nos observations pour nous assurer qu’elles s’y conforment. C’est pourquoi nous n’aurons d’autre choix que d’être animés d’une vision de ce que le monde numérique devrait être. Pour ce faire nous nous réfèrerons aux théoriciens qui ont posé ces questions.

b) La liberté humaine

Mais si nous sentons qu’il y a quelque chose comme une nécessité qui nous permet de prédire d’une certaine façon ce que deviendra l’humanité durant l’ère numérique, si nous comprenons bien la logique qui préside à l’organisation de la culture numérique, comment pouvons-nous croire à notre liberté. Là encore, c’est une question difficile car se mêlent forcément à l’interrogation désintéressée, des enjeux idéologiques. Ce contexte non-neutre est propice à la confrontation de credo opposés, mais pas à la mise en oeuvre d’une paix durable. Mais on peut aussi sentir cela comme une preuve du caractère vivant de ces artéfacts.

c) La conscience de notre identité et de notre responsabilité individuelles et collectives

Évidemment, lorsqu’on dit cela notre fierté se révolte. Mais que signifie être humain lorsqu’on abandonne les systèmes de valeur traditionnels qui fondaient « le collectif ». Certes c’est devenu un lieu commun de critique l’individualisme outrancier de notre société. Mais n’est pas là une conséquence des nouvelles technologies, dans la mesure où les médias électroniques favorisent l’isolement de chacun derrière son écran? On pourrait même pousser le rapprochement plus loin en mettant en parallèle le fait que la numérisation suppose une division des informations en données qui n’ont pas de sens prises isolément. Or cette pratique étant généralisée, cela n’aurait-il pas un effet physique sur le comportement des individus qui ne voient plus comment relier les morceaux d’informations qui fusent de toute part et qui se sentent aussi fragmentés intérieurement que peuvent l’être les documents qu’ils consultent si on les considère dans leur couche physique? Pourtant, la soif de vivre de l’humanité demeure forte et la jeunesse qui a toujours baigné dans cet état de fait qui paraît caractérisé par la dislocation du point de vue des anciens, semble s’y sentir plutôt à l’aise. Elle cherche peut-être moins la liberté, et elle est peut-être moins consciente de ses responsabilités, mais cette situation n’est pas irrémédiable. Il revient à l’ensemble des acteurs de recréer des collectivités capables de coopérer, plutôt que susceptibles de s’entredéchirer.

d) La manière dont la culture québécoise peut s’adapter au contexte de la société numérique

Évidemment cette tension entre le souci de soi et la préoccupation humaniste pour le sort de l’ensemble que nous formons est un problème qui touche aussi le Québec. Société ayant été marquée par l’importance de la religion, elle a voulu rompre avec ce passé clérical, et dans la foulée de cette émancipation elle a cherché à conquérir une indépendance politique. Mais les espoirs de la moitié de la population ont été brisés à deux reprises et la relation aux anglophones demeure tendue, puisque le sentiment de la précarité du français demeure. Si les jeunes semblent moins sans soucier, eux qui manipulent les deux langues, une réflexion les amènera peut-être à se rendre compte de ce qu’ils ne savent pas qui ils sont. Alors cette incertitude peut-elle favoriser leur implication pour donner une direction à la société humaine aux prises avec les débats que suscite le numérique? Ou en tous cas, les déchirements intérieurs que connaissent ces jeunes ou leur indifférence relative à ces questions de l’identité et de la différence doit-elle nous apprendre quelque chose sur la culture numérique qui apparaît?

I.3.2 Hypothèse

Notre hypothèse est que les transformations culturelles en cours sous la pression de la généralisation des usages associés aux nouvelles technologies de l’informations (NTICs) et qui forment la base technique de ce qu’on appelle « le numérique » sont forcément un facteur déterminant dans l’infléchissement du sens de l’évolution de la littérature contemporaine. Dans le contexte de la francophonie, on peut donc s’attendre à ce que toutes les oeuvres littéraires québécoise récentes (d’où notre corpus est puisé, question de cohérence) seront certainement imprégnées des propriétés de la culture numérique. Et cela devrait se révéler à différents niveaux dans l’écriture (thématiques, forme et genre, style et esthétique, langue et place de l’oralité).

I.3.3 Une réponse moins évidente qu’il n’y paraît

Il pourrait sembler logique qu’en vertu de l’importance massive que revêt la dimension technique dans l’avènement de la civilisation numérique, les textes littéraires produits dans la foulée de cette métamorphose seront à l’image des procédés qui les rendent possible. Ce serait le résultat d’une influence directe du medium sur l’esthétique qui s’y déploie. Mais deux considérations aideront à rendre clair que le forme de l’influence qu’exerce le contexte culturel sur les manifestations artistiques auxquelles il donne lieu, est moins évidente qu’il n’y paraît.

Ainsi, on pourrait penser primo que, puisque le numérique est caractérisé d’abord par la discrétisation des données, le style qui sera privilégié par les auteurs numériques sera l’éclatement. Dans notre cas, il y a plusieurs oeuvres qui semblent aller dans ce sens, mais pas toutes, et pas toutes à un degré élevé. Mais cela se comprend puisque si on y réfléchit, l’expérience que nous procure le web en est une qui reproduit de manière excellente la fluidité que l’on attribue aux médias analogique. On peut penser à l’importance que prend la vidéo (par rapport à la B.D.). Ou alors à l’utilisation des effets par Flash ou Javascript par opposition aux tableaux et aux cadres de nos musées et de nos manuels. Évidemment, il y a toujours les fenêtres, et les écrans souples ne sont pas encore une réalité courante. Mais ils sont en cours de développement. Si on pense à la page, on se rappellera qu’avec le livre, il faut tourner la page à chaque fois, alors que la page de blogue peut se dérouler à l’infini. Le texte numérique est physiquement une chaîne (comme l’écriture papier d’ailleurs), mais phénoménologiquement un flux (comme la lecture dans un livre d’ailleurs). Donc la différence est moins évidente qu’il n’y paraît. Il faut passer par le détour d’une réflexion philosophique sur les implications de la nouvelle dynamique qui se met en place à la faveur de ces changements pour comprendre ce qui est transformé profondément. C’est seulement après un premier défrichage effectué à ce niveau que l’on pourra aller à la recherche des manières dont ces bouleversements se traduisent en termes littéraires dans notre corpus.

Secundo, il nous faut bien admettre qu’on a tendance à voir l’informatique comme des processus fonctionnant automatiquement. Or on doit se rendre compte que en réalité les programmes, pour fonctionner requièrent d’être alimentés en données. Celles-ci leur sont fournies par des « entrées » qui proviennent, en bout de ligne, des utilisateurs. Que ce soit les requêtes que vous entrez dans le moteur de recherche ou les liens que vous décidez de suivre lorsque vous naviguez sur un site, vous parlez constamment aux cookies qui tracent vos comportement pour personnaliser l’expérience que vous aurez lorsque vous vous rendrez sur les sites auxquels ils sont associés. Donc on peut s’attendre à ce que la littérature issue de cette culture numérique ne soit pas que des formules toutes faîtes se succédant les unes les autres et prétendant se tenir là dans leur autarcie, comme un logiciel qui fonctionnerait en boucle fermée. La culture numérique appelle tout autant sinon plus une participation du public à compléter les oeuvres qu’elle génère, car ce sont des systèmes de médiation ouverts qui servent de véhicule à ces contenus. Les lecteurs peuvent intervenir sur les textes, malgré les barrières que les compagnies essaient d’imposer pour reproduire les conditions contraignantes de l’imprimé. Si cette culture numérique repose sur une dynamique d’échanges impliquant l’intervention de nombreux intermédiaires, on ne peut pas en conclure cependant que le messages qu’elle livre seront plus alambiqués ou difficile à décrypter étant donnée la multiplicité de codes se superposant. En fait, la médiation du code est incontournable, mais elle est plus ou moins transparente. Les logiciels de traduction sont imparfaits, mais si vous lisez un texte écrit dans votre langue, vous le recevez tel quel sans déformation comme s’il était là devant vous. Pourtant ce n’est qu’une copie. Mais sa valeur est la même que celle de l’original. Donc il ne faut pas surestimer l’idée qu’une médiation doit avoir lieu. Le « cache » qui conserve sur votre machine les pages que vous visitez souvent, vous permet d’y accéder hors ligne. C’est pourtant une médiation de plus qui rend possible cette impression d’être en présence de la chose même. Il y donc une naturalisation de la technique qui se produit qui fait qu’on en peut plus opposer le médiatique et le « présentiel ». Le web ouvre un espace réel. Et c’est une sorte d’abus de langage d’y appliquer at large l’étiquette de « virtuel ». Pour illustrer cette transformation, on peut observer les mutations qui ont cours dans le domaine du Land Art. Le rapport à la nature étant moins direct qu’auparavant, la mise en oeuvre des possibilités de la technologie pour faire prendre conscience de l’importance de l’environnement qui nous entoure devient une voie alternative pour parler de notre situation dans le monde. Le Land Art contemporain n’est pas moins « en phase » avec son sujet que l’était celui des pionniers qui utilisaient des excavatrices pour modeler des lieux « physiques ». <http://landartin21century.wordpress.com/2014/02/23/un-lien-indirect-avec-la-nature/&gt;

Si ces deux considérations ne suffisent pas à démontrer que l’influence du contexte technologique (et l’erreur est ici de réduire la culture numérique à une « société de l’information » que l’on réduit à une civilisation informatique) ne doit pas être considéré comme une cause directe d’une dédouanement des pratiques auquel on assiste (il n’est plus nécessaire de passer par la chaîne du livre pour publier, ni d’être un chercheur universitaire pour contribuer à l’édification d’un savoir encyclopédique), au sens d’une cause dont l’action serait « linéaire » (à la manière de la force mécanique qui agit lors d’un choc entre deux « mobiles »), qu’on nous permette d’apporter une autre circonstance à l’attention. Il s’agit de reconnaître que ce n’est pas nécessairement le fait d’être connecté au web, ou d’avoir son ordinateur portable ouvert (ou même de l’avoir avec soi), qui modifie notre rapport à la réalité. Il est impossible de lire une publicité dans le métro de la même façon qu’autrefois à l’heure du numérique. En effet, la portée du message sera automatiquement mise en perspective à la lumière du fait qu’il est possible d’aller chercher des connaissances par soi-même, que l’on peut publier son propre livre, que le socio-financement est possible pour lancer des « start-up », que les principes du logiciel libre se répandent au projets culturels. Marcello Vitali-Rosati utilise souvent l’exemple du GPS pour illustrer cette situation particulière qui montre que les changements induits par le numérique ne sont pas que techniques, mais qu’ils rejoignent bien une dimension culturelle plus profonde. Il n’est pas besoin d’avoir le GPS allumé, ni même de pouvoir le brancher dans la voiture où l’on se trouve par quelque moyen que ce soit (système de navigation intégré ou téléphone cellulaire d’un passager), pour que notre relation à l’espace soit changée depuis que l’on sait que le GPS existe. Notre manière de nous projeter dans l’environnement spatial a pris une nouvelle dimension et celle-ci ne peut pas être déracinée de nous même si on nous prive de l’accès au GPS physiquement. Psychiquement, une perspective différente s’est ouverte. Quel est le nature de ce changement? Le monde nous paraît-il plus plat, plus indifférent, ou au contraire plein de promesses de découvertes à tous les recoins? Cela dépend probablement de la manière dont chacun s’approprie ces changements. Mais ils affectent tout le monde. Cependant c’est par la bande d’une modification de notre point de vue. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de fondements physiques à cette transformation. Et la technologie peut avoir des impacts isomorphes sur les mentalités. L’atomisation des informations en données trouve son pendant dans une former d’individualisme exacerbé. Mais il faut faire attention quand on manipule ces lieux communs.

I.4 Outils d’analyse et approche méthodologique

I.4.1 Outils d’analyse

a) Observation
b) Comparaison
c) Conceptualisation
d) Interprétation

I.4.2 Approche méthodologique

a) Herméneutique phénoménologique
b) Théorie de la réception littéraire – didactique de la lecture

I.5 Sujet divisé et résultats attendus

I.5.1 Sujet divisé (plan)

a) Présentation de la collection « Décentrements »
b) Élargissement de la perspective sur le champ (de la littérature numérique)
i. Définition, histoire et prise de recul critique
ii. La question de la culture : comment aborder la « culture numérique »?
c) Propriétés de la culture numérique
d) Analyse des textes du point de vue de la culture numérique
e) Rapport entre les traits de l’écriture et les propriétés de la culture numérique
f) Conclusion : Réflexion critique sur le parcours effectué (plan provisoire)

I.5.2 Résultats attendus (cf. la section « Résultats« )

Les oeuvres de la collection « Décentrements » expriment, à différents niveaux (thématique, formel et langagier), sur le plan littéraire, des propriétés  de la culture numérique qui se présentent sous différents aspects d’une œuvre à l’autre. Elles appartiennent à la catégorie des oeuvres où la littérature numérique peut-être dite telle en vertu du fait que la culture numérique s’y exprime et non par l’intensité avec laquelle les nouvelles technologies sont mobilisées.

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