Résumé du sujet de recherche

Pour enregistrer mon sujet, lorsque je l’ai déposé en avril 2014 au département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, je l’ai résumé en ces termes :

La généralisation des usages associés aux technologies numériques modifie visiblement nos moeurs et nos mentalités. On peut dire, en ce sens, que la culture est, globalement, en voie de devenir “numérique”. Comment la littérature est-elle affectée par ces transformations? Existe-t-il une « littérature numérique » québécoise? Et, si oui, comment le rapport à la « culture numérique » s’y exprime-t-il?
Il existe plusieurs formes de littérature “hypermédiatique” (au sens général où les œuvres utilisent des fichiers informatiques comme support). La définition de la “littérature électronique” élaborée par l’Electronic Literature Organization (ELO) essaie de les rassembler (Hayles). Mais la question de savoir si l’œuvre considérée exprime bien la culture numérique n’est pas prise en compte… Pour ce mémoire, nous nous intéressons à littérature numérique, que nous proposons de définir comme la part de la littérature hypermédiatique qui accorde une plus grande importance à l’expression, par les textes, d’éléments de culture numérique qu’aux effets attribuables à la technique.
Nous avons identifié un corpus qui, selon nous, est susceptible de satisfaire à cette définition de la littérature numérique au sens culturel. Il s’agit de huit livrels (livres numériques au format ePub) rassemblés dans la collection « Décentrements », parus – en ligne uniquement (dans un premier temps) – de 2009 à 2012, chez Publie.net. Ils sont le fait de cinq auteurs québécois (cf. Corpus). À première vue, rien ne distingue ces œuvres d’autres textes littéraires imprimés. Elles peuvent aussi bien être lues sur papier. Cet échantillon de littérature québécoise contemporaine, distribuée en ligne mais ne faisant aucun usage particulier des possibilités du numérique, peut-il être considéré comme de la littérature numérique? Les œuvres de notre corpus sont peu commentées et la littérature critique à leur sujet est “virtuellement” inexistante. Pourtant, nous estimons qu’elles représentent une bonne illustration de ce que la littérature numérique québécoise peut être. Notre hypothèse est qu’elles expriment, à différents niveaux (thématique, formel et langagier), sur le plan littéraire, des propriétés  de la culture numérique qui se présentent sous différents aspects d’une œuvre à l’autre.
En premier lieu, une présentation historique de la culture numérique (Doueihi) et de ses liens avec la littérature (Bon) permettra de mettre en évidence la difficulté de déterminer ce qui l’emporte entre la rupture et la continuité, par rapport au contexte contemporain qu’elle contribue à transformer. Puis, avant de spécifier les principales propriétés de la culture numérique que nous aurons pu découvrir en étudiant les théories sur le sujet (Doueihi, Vitali-Rosati, Ferraris), nous préciserons notre approche méthodologique. Puisque l’objet central de ce mémoire est de nous doter d’une meilleure compréhension de la culture numérique à travers l’interprétation de textes littéraires, l’approche de l’herméneutique critique (Ricoeur) convient tout à fait. Le fait que la lecture joue un rôle central dans l’interprétation des textes des auteurs de littérature numérique justifie que nous sollicitions également la théorie de la réception littéraire (Dufays).
Au terme de cette recherche, nous devrions être parvenus à montrer comment des “éléments” de  culture numérique se manifestent, sous une forme littéraire, dans les œuvres de la collection « Décentrements », et, de ce fait, qu’une littérature numérique québécoise existe bien.

Le sujet déposé a été approuvé par le comité d’évaluation, en rapport avec ce corpus et une bibliographie dont le contenu peut et va forcément changer.

Pour ce qui est du corpus, il ne devrait pas changer, mais j’aurai à indiquer pourquoi je juge pertinent d’interroger un corpus québécois afin d’examiner comment la culture numérique s’inscrit dans la littérature, d’après un commentaire émis par le comité et que m’a communiqué mon directeur.

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