Le rapport au langage et à la parole

(niveau de langue, place de l’oralité)

[Langage – l’articulation entre les thèmes, le temps et l’espace ; en lien avec la triade multiplicité-médiation-spiritualisation dont on aperçoit qu’elle concerne des actants qui peuvent être impersonnels, des agents intelligents qui sont gouvernés par des algorithmes, des objets qui ont une histoire constituant leur ADN, une table, une chaise, un décor, un paysage, une scène. Le langage est lui-même un milieu qui est l’acteur central, quoi que toujours décentré de ce dialogue qui est interpénétration de l’humain et de la machine, du code et de l’esprit. Il a la propriété d’être « virtuel d’office ». Un officieux agent du changement continuel. Un complice de la contingence historique. Une source de dissidence dans les rangs du sens qui en infléchit régulièrement le cours.]

{Substitut de la collaborativité}

À la base, le langage est ce qui nous permet de communiquer même quand les circonstances (à commencer par l’interlocuteur) changent. C’est la formalisation de conventions présidant à la mise en relation de signes. Or, au terme de cette aventure, on se rend compte que la leçon (nous ne dirons pas la morale) qu’il en tire est que chacun a une valeur égale, pour le meilleur ou pour le pire. Il nous en donne l’indication par la manière dont il nous parle des voitures, expressions de l’individualisme ambiant. « Et j’attendais le plein jour et les voitures les mêmes toujours et qu’une de plus la même me prenne et me remmène. » (p. 98). Jamais rien ne change, tout est égal. On sent une forme de mise à plat des différences, que traduit aussi le retrait des signes de ponctuation. L’insistance à dire que le véhicule est toujours le même, quel que soit son nombre, nous donne à voir quelque chose du caractère indifférencié du réel actuel, que l’on nomme sans comprendre : « virtuel ». Mais « virtuel » et « réel » est-ce du pareil au même? En un sens, c’est comme demander si la littérature diffère du monde naturel.

4.6.1 Générer un effet de présence, par un niveau de langue familier

4.6.2 Créer son style propre pour atteindre au littéraire

4.6.3 Régionalismes auxquels s’adosse la déterritorialisation

4.6.4 Termes et tournures issus de l’époque numérique (ou issant celle-ci…)

4.6.5 Place importante de la culture orale (l’art de raconter)

Pour conclure sur ce chapitre, où la colère réprimée pousse à « s’arracher », je rappellerai simplement cette idée de dialogue que je viens d’invoquer tout en signalant un passage où le rôle du silence dans la délibération (et l’épuration des émotions) est exprimé sans détour : « Je me tai­sais. Quand on fait du pouce on ap­prend à par­ler ou à se taire quand il faut. J’en pro­fi­tais pour ava­ler ma co­lère, (…) » (p. 37). C’est donc un dialogue intérieur qui débouche sur une dialectique entre prudence et audace. Je crois que nous touchons avec ces relations quelque filament qui a partie liée au noeud du problème qui nous intéresse ici, soit celui du rapport de ces écrits avec la culture numérique.

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