4.5.3 Transition, ponctuation, connivences, ellipses

La mise en rythme du récit dépend aussi beaucoup de l’art d’aménager des transitions. Reprenons l’enchaînement des étapes du voyage de Mahigan Lepage Vers l’Ouest pour illustrer notre propos. Entre la nouvelle étape du retour à Banff (« Banff c’est d’abord une rue principale et quelques petites rues secondaires voisines de la rue principale. » (p. 83)) et ce qui précède (la rapide excursion chez sa soeur en Colombie-Britannique : « À Nelson j’ai vu l’épicerie d’alimentation naturelle et un magasin d’articles de fumeur, le garage Organic Mechanics où ma soeur avait acheté sa Rabbit, le lac et le pont en fond, les montagnes. » (p. 82)), il y a une mise en perspective : « Je ne verrais rien de plus de la Colombie-Britannique. Je ne ferais pas les pommes, je ne trimerais de cannabis. Je ne verrais pas Vancouver, l’océan Pacifique. » (Idem). On comprend sa déception. Mais même dans la manière de résumer ce qui lui a échappé (l’Ouest), il reproduit le rythme du voyage qu’il s’est attelé à nous porter aux fibres du cerveau, par son travail sur les mots et les décentrements qui les mettent en déséquilibre, le temps que nous en ressaisissions le sens. « Quand on habite Banff on connaît vite les montagnes par leurs noms. Puis on les oublie » (p. 83). Cette fois, un point a bien été marqué. Mais il n’aurait pas été nécessaire. Simplement ce déséquilibre est ce qui nous déstabilise. On peut suivre, mais il faut y mettre du sien. Sinon, rapidement, on ne sait plus sur quel pied danser. « J’habitais maintenant de l’autre côté du centre-ville, dans une autre staff accom qui se cachait sur une petite rue près du Cariboo Lodge » (p. 86). Son nouveau co-chambreur lui offre du mush… « Moi je ne sais plus ce que j’ai fait » (p. 87). Parfois il y a des bouts qui manquent.

Ellipses… de mot, de phrase, de sens

« La nuit dans les prairies, et on dort et on rêve. Et on traverse ainsi le Manitoba et la Saskatchewan. » (p. 68). Ici il y a une ellipse de mot : il manque un verbe dans la première phrase. Et ellipse de sens (il y a) dans la seconde. Comment est-ce possible?

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